TPG ECOSOC RWANDA - Comment assurer une alimentation nourrissante à un prix abordable et de façon équitable dans le monde d’aujourd’hui ?

# 06/03/2017 à 08:22 Diana-Sorina UȚIU

COMITE: ECOSOC
ISSUE: Comment assurer une alimentation nourrissante à un prix abordable et de façon équitable dans le monde d’aujourd’hui ?
MEMBRE DE L’ETAT MAJOR: Diana-Sorina UŢIU
POSITION : Déléguée/Ambassadeur

INTRODUCTION
Aujourd'hui, il y a assez de nourriture pour tout le monde sur la planète, et pourtant presque 800 millions de personnes souffrent de la faim. Lutter contre la faim et la malnutrition, c'est non seulement encourager la production alimentaire, mais aussi augmenter les revenus, créer des systèmes alimentaires résilients et renforcer les marchés afin que les personnes puissent accéder à des aliments sûrs et nourrissants, même si une situation de crise les empêche de produire leur propre nourriture. La faim et la pauvreté extrême peuvent être éliminées grâce à une combinaison de mesures de protection sociale et d’investissements ciblés dans des activités productives.
DEFINITION DES TERMES CLES
Sous-nutrition : notion quantitative ; elle exprime un déficit de la ration quotidienne de nourriture, mesurée en kilocalories, dont dispose un individu.
Malnutrition : notion qualitative ; elle fait référence à un déficit dans la composition et l`équilibre de la ration alimentaire.
Sécurité alimentaire : selon la FAO, situation ou tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès à une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires.
L'agriculture vivrière : une agriculture essentiellement tournée vers l'autoconsommation et l'économie de subsistance. La production n'est destinée ni à l'industrie agroalimentaire ni à l'exportation. Elle est en grande partie autoconsommée par les paysans et la population locale.
Tilapia : un nom vernaculaire ambigu désignant en français certains poissons de la famille des Cichlidae.

« Le Rwanda figure parmi les cinq pays au monde qui vont bénéficier d’une nouvelle initiative de la FAO qui consiste à promouvoir une alimentation et une agriculture durables ».

Cette nouvelle approche de la FAO va réunir tous les intervenants dans le secteur agricole et des ressources naturelles pour apporter des solutions durables aux problèmes qui affectent ces domaines en vue de renforcer davantage les capacités du pays en matière de production alimentaire et agricole. La durabilité d’une alimentation et d’une agriculture repose surtout sur l’aménagement, la bonne gestion et la conservation des ressources naturelles, tout en orientant les changements technologiques pour satisfaire les besoins des générations actuelles et futures.
Par ailleurs, cette approche reflète la vision du Rwanda et de la FAO en matière de l’alimentation et de l’agriculture durables qui est celle d’un monde où la nourriture est équilibrée et accessible à tous. Ces principes sont l’amélioration de l’efficience d’utilisation des ressources naturelles et énergétiques; la conservation, la protection et l’amélioration des ressources naturelles à travers des actions directes; la protection des moyens de subsistance ruraux et l’amélioration des critères de l’équité et du bien-être social; le renforcement de la résilience des personnes, des communautés et des écosystèmes, en particulier au changement climatique et à la volatilité des marchés, et enfin la bonne gouvernance en tant qu’élément essentiel pour la durabilité des systèmes naturels et humains.
Ces priorités sont notamment l’aménagement et la bonne gestion des terres arables, la gestion et l’utilisation rentable de l’eau, l’appui financier aux producteurs (agriculteurs-éleveurs) et la création d’un marché vaste pour leur permettre d’écouler leurs produits.

ETAT DES LIEUX
La production agricole mondiale progresse à un rythme moyen supérieur à celui de la croissance démographique (+2% contre 1,6% par an entre 1980 et 2008). Chaque habitant dispose théoriquement aujourd`hui de 2800 kilocalories/ jour contre 2300 en 1960, alors qu`une ration de 2500 kilocalories/jour est jugée suffisante. Mais les situations demeurent très contrastées selon les régions du monde.
Développer de façon durable l’agriculture, la sylviculture et la pêche la FAO aide le Rwanda à évaluer les questions clés de durabilité en se basant sur sa vision pour une alimentation et une agriculture durables. Elles sont maintenant abordées dans les plateformes de discussion sur les politiques dans le but d’adapter la gestion des ressources agricoles et naturelles et les bonnes pratiques. Le soutien se concentre sur l’augmentation et l’amélioration des produits et services de l'agriculture, des forêts et des pêches en se basant sur les dimensions sociales, économiques et environnementales du développement durable. Cela se concrétise par un atelier de concertation inter secteurs, par la participation d'intervenants de haut niveau à l'échelon national, par une tribune pour une concertation intersectorielle, par un ensemble de recommandations et par un plan d'action pour les zones productives partagé avec le Gouvernement. Pour coordonner les initiatives sur la production agricole, la préservation de l'eau et du sol, et le développement social, des discussions sont en cours sur l'élaboration de plans de gestion plus efficaces dans le District de Rulindo.
La gravité de la faim se mesure par le déficit énergétique moyen des personnes sous-alimentées, et non de l'ensemble de la population, exprimé en kilocalories par personne et par jour. Plus le chiffre est élevé, plus la faim est profonde. Le déficit entre 1996 et 1998 était de 330 kilocalories/ habitant / jour.
L'agriculture, qui représente plus de 90 % de la force de travail, demeure cependant improductive et se situe largement à un niveau de subsistance. La distribution des terres arables s'élève maintenant à un hectare pour 9 Rwandais et continue à diminuer en raison de taux élevés de natalité. La conséquence évidente est qu'un nombre substantiel de familles rurales qui subsistent grâce à l'agriculture possède moins d’un hectare, ce qui est insuffisant pour se nourrir et gagner sa vie. Les pâturages disponibles s’élèvent à 350 000 hectares dont une majorité est de mauvaise qualité. Cela aboutit à l'exploitation intense de la terre, sans application simultanée de mesures correctives, notamment par l'utilisation d'engrais. Le résultat net a été une baisse de la productivité des terres et une dégradation environnementale massive, contribuant à une sous-alimentation effrénée au sein de la population Rwandaise.
La nourriture des Rwandais est réalisée à partir des aliments de base locaux produits par l'agriculture vivrière. Les ingrédients de base de la cuisine rwandaise sont la banane plantain, les légumes secs, la pomme de terre douce et le manioc. Leur régime alimentaire est donc riche en légumes, mais manque de protéines animales. Les Tutsis avaient une tradition de pastoralisme qui leur permettait de facilement consommer des produits laitiers. Une grande partie des Rwandais ne mange d'ailleurs de la viande que quelques jours par mois. Le tilapia est consommé par les populations vivant à proximité des lacs.

SOLUTIONS

ASSURER LA SECURITE ALIMENTAIRE
La sécurité alimentaire suppose la progression des rendements par hectare car les réserves de terres cultivables sont limitées et la concurrence est vive entre les utilisations des sols. En dépit de leur immensité, les océans et les eaux continentales ne fournissent que 4% des calories et 6% des protéines consommées : les ressources de la pêche stagnent et 25% des espèces sont surexploitées.
La sécurité alimentaire ne se réduit pas à une question de production : trouver des lieux adaptés pour stocker les récoltes, des routes pour donner accès à la nourriture, des circuits de distribution plus efficaces et plus courts pour éviter les prix élevés.

LA GÉNÉRATION«FAIM ZÉRO»
Les programmes de protection sociale, y compris les initiatives de nutrition ciblées, aident les petits exploitants agricoles et autres ménages pauvres à surmonter des difficultés financières et à mieux gérer les risques, et renforcent leur capacité à investir. Comme les revenus des personnes vulnérables augmentent avec l’augmentation des retours sur investissements, le montant de la protection sociale nécessaire pour combler l’écart de pauvreté diminue. Par conséquent, ces solutions sont possibles et abordables. Les programmes d’alimentation et de nutrition en milieu scolaire, les transferts d’argent en espèces, les programmes de soins de santé offrent des formes de revenus de base et donc l’accès à une meilleure alimentation.

AGRICULTURE PRODUCTIVE ET ORIENTEE VERS LE MARCHE
La question la plus importante qui retarde le développement agricole du Rwanda n'est pas la taille de la terre, mais plutôt la faible productivité, associée une agriculture de subsistance qui repose sur le paysan. L'orientation de la politique agricole devra être revue pour promouvoir l'intensification afin d'augmenter la productivité et de réaliser des taux de croissance de 4.5 % à 5 % par an. Ceci peut uniquement être effectué par la production de cultures de grande valeur et une gestion moderne de l’élevage. La vision vise à remplacer l’agriculture de subsistance par un secteur agricole totalement monétisé et commercial d’ici 2020.
Les domaines clefs de politique qui nécessitent une attention urgente pour réaliser cette transformation incluent les points suivants :
- Réformes institutionnelles et légales pour assurer la sécurité de la propriété foncière;
- Développement d’un marché relatif au patrimoine foncier ;
- Investissement dans les infrastructures rurales;
- Utilisation de variétés productives et d’apport intensif, et plus particulièrement des engrais;
- Promotion d’une industrie basée sur l’agriculture;
- Mesures de contrôle environnemental pour mettre fin à la dégradation de la fertilité du sol;
- Plans de financement et marchés ruraux ;

LE COMMERCE EQUITABLE
Le commerce équitable garantit aux producteurs des pays les plus pauvres des prix d’achat plus rémunérateurs que les cours mondiaux ainsi qu’une relative stabilité des prix et la mise en place de conditions et de délais de paiement favorables. Destiné aux organisations de producteurs marginalisés ainsi qu’aux micros et petites entreprises actives dans le commerce équitable/durable établies dans les 18 pays partenaires de la Coopération belge au Développement l’appui aux producteurs est un des mécanismes d’intervention du «Trade for Developement Centre» de la Coopération Technique Belge. Il a été établi dans le cadre de la stratégie belge d’aide au commerce, pour assister les petits producteurs ainsi que les micro et petites entreprises des pays en voie de développement dans leurs efforts pour tirer profit du commerce international, régional et local.
Le programme veut augmenter l’accès au marché des producteurs (et de leurs organisations) actifs dans le commerce équitable et/ou le commerce durable.

LE POTAGER DE CUISINE
Chaque foyer devrait avoir un petit jardin potager pour assurer les légumes frais nécessaires pour la consommation familiale.

EDUCATION
Lundi, 5 septembre 2016, la Caritas Rwanda a lancé, à travers son projet USAID Gimbuka, une campagne de 5 jours de lutte contre la malnutrition. Cette campagne, qui a pour thème "les 1000 premiers jours, fondement d’une vie meilleure au Rwanda", vise à assurer une alimentation saine et équilibrée aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 5 ans, en mettant un accent particulier à la nutrition durant les 1000 premiers jours, c’est-à-dire depuis la conception jusqu’à l’âge de 2 ans.

LES ORGANISATIONS CONCERNEES
• OMS - Organisation Mondiale de la Santé
• FAO - Food and Agriculture Organisation est une agence spécialisée des Nations Unies, avec de nombreuses compétences, une longue expérience de travail avec les acteurs du développement et l’expertise unique dans les trois dimensions du développement durable, peut aider les pays à mettre en œuvre le Programme de 2030. Le cadre stratégique de la FAO est largement en phase avec les ODD, en promouvant une approche globale de gestion durable des ressources naturelles pour éradiquer la faim et la pauvreté.
• WFTO - WORLD FAIR TRADE ORGANISATION (Organisation Internationale de Commerce Equitable)
• FLO - FAIRTRADE LABELLING ORGANIZATION (Organisation de Labellisation du Commerce Equitable)
• COFTA a créé au Rwanda la « Fédération rwandaise du commerce alternatif – RWAFAT// Créé au Rwanda en juin 2007 par la COFTA, la Rwanda
• Fair Trade Association (Fédération rwandaise du Commerce alternatif - RWAFAT) rassemble divers petits producteurs de commerce équitable et souhaite créer un réseau national contribuant à l’éradication de la pauvreté au Rwanda. RWAFAT dispose actuellement d’un comité provisoire (qui agit comme un comité de pilotage) et met en place, avec le soutien notamment de la CTB (l’Agence belge de développement).
Créée en 2004, la « Coopération pour le commerce équitable en Afrique – COFTA » est le chapitre régional de l’Organisation mondiale du commerce équitable (WFTO, ex-IFAT) et fédère 90 organisations venant de 24 pays africains, principalement dans le secteur de l’artisanat (80% du réseau). COFTA s’engage à renforcer la capacité de ses membres à conquérir de nouveaux marchés en les assistant dans le développement de leurs produits et en partageant des ressources dans le respect des principes et structures régissant le commerce équitable. La COFTA a déjà développé des réseaux au Kenya, en Tanzanie, au Rwanda et au Swaziland, d’autres seront bientôt mis en place au Sénégal et au Zimbabwe. Le but est d’avoir un réseau par pays membre de l’organisation.

SITOGRAPHIE :

http://www.fao.org/docrep/x8200f/X8200F03.htm
http://www.fao.org/3/a-i5499f.pdf
www.caritasrwanda.org/index.php/fr/caritas-rwanda/structure/mission

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