Comment assurer une alimentation nourrissante à un prix abordable et de façon équitable dans le monde d'aujourd'hui? (Togo)

# 30/12/2016 à 22:08 Ghita Frej

Commission : Comité Economique social et environnemental
Question : Comment assurer une alimentation nourrissante à un prix abordable et de façon équitable dans le monde d’aujourd’hui ?
Auteur : Togo

L’alimentation est l’un des principaux problèmes auxquels fait face notre monde aujourd’hui. Elle constitue ainsi le premier objectif du Millénaire pour le développement (OMD) et l’objectif du Sommet mondial de l’alimentation (SMA) qui visent à réduire considérablement la proportion de personnes souffrant de sous-alimentation chronique. Néanmoins, malgré les progrès enregistrés par la lutte contre la malnutrition - qui a diminué en passant de 23,3% en 1990 à 12,9% aujourd’hui d’après la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture)- 793 millions de personnes restent sous-alimentées dans le monde.

La principale cause de la sous-alimentation -qui touche principalement les pays d’Afrique subsaharienne, les Caraïbes et l’Asie du Sud- est l’inégale répartition de l’alimentation dans le monde. En effet, les habitants des pays industrialisés et développées consomment 3 380 kcal/jour alors que ceux de l’Afrique subsaharienne n’en consomment que 2 195 kcal/jour. Le prix élevé des denrées alimentaires contribue également au ralentissement de la progression des pays à la réalisation de la sécurité alimentaire.

De plus, nous pouvons remarquer depuis quelques décennies l’apparition du phénomène de surconsommation. Observé dans les pays ayant assuré leur sécurité alimentaire, il est dû au développement d’une production alimentaire industrielle et a donné lieu à l’apparition de maladies très graves telles que l’obésité et le diabète.

Le Togo est depuis toujours l’une des cibles principales des problèmes alimentaires dans le monde et plus particulièrement la malnutrition, la faim et la sous-alimentation, car malgré le fait que le pays soit essentiellement agricole, avec une production très diversifiée, celle-ci est soumise aux aléas climatiques. Ainsi, en 2007, le taux national de malnutrition aiguë chez le enfants de moins de 5 ans s’élève à 14,3% et dépasse le seuil critique fixé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS); 97 enfants togolais sur 100 ne bénéficient pas d’une alimentation répondant aux critères nutritionnels adéquats; et 108 enfants sur 1000 meurent avant leur cinquième anniversaire. L’alimentation togolaise est également caractérisée par la faiblesse des apports protéiques et lipidiques.

Le Fond des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) a mené plusieurs actions au Togo en 2007 qui consistaient à dépister et référencer les enfants atteints de malnutrition, et à ouvrir et équiper des centres de réhabilitation nutritionnelle afin de prendre en charge plus de 4 000 enfants mal-nourris. L’Organisation pour l’Alimentation et le Développement Local (OADEL) et Humanitaire Plus sont des Organisations Non Gouvernementales (ONG) qui oeuvrent pour promouvoir le droit à l’alimentation au Togo. La FAO a lancé en juin 2009, un projet dans le but d’aider le gouvernement togolais à développer sa production vivrière. Ce projet a été mis en oeuvre en étroite collaboration avec le Ministère togolais de l’agriculture, de l’élevage et des pèches et plusieurs ONG nationales et internationales. EN octobre 2016, pour célébrer la journée mondiale de l’alimentation, une caravane a été lancée au siège de la FAO à Lomé par le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de l’Hydraulique. Cette célébration avait pour objectif de de promouvoir les actions en faveur des populations souffrant de sous-alimentation chronique afin de garantir la sécurité alimentaire et des régimes alimentaires nutritifs pour tous.

Le Togo a réalisé des progrès spectaculaires d’après les dernier rapport sur l’insécurité alimentaire dans le monde publié par la FAO qui indique que le pays est sur le point d’atteindre les objectifs internationaux de réduction de la faim. En juin 2013, la FAO a récompensé le Togo pour être parvenu à réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim sur son territoire. Ces progrès sont le résultat de la politique de lutte contre la faim menée par le gouvernement togolais.

Le nombre de personnes sous-alimentées aux Togo reste néanmoins très élevé, il est de 800 000 aujourd’hui. Par conséquent le Togo propose de limiter le gaspillage alimentaire. Ce dernier intervient au moment de la récolte dans les pays du Sud et lors de la consommation dans les pays développés. Il est donc possible de réussir cet objectif en adaptant la consommation des pays du Nord.

Selon la FAO, il faut augmenter la production agricole de 70% d’ici à 2050 pour pouvoir nourrir 9,1 milliard de personnes. Il faut ainsi nourrir plus de personnes avec une alimentation équilibrée à des prix abordables tout en respectant l’environnement. Le Togo encourage donc la consommation des fruits, des légumes et des légumineuses; favorise une agriculture vivrière; et le développement de mode de productions alternatifs. Ces modes de production prennent en compte l’agriculture biologique, l’agriculture raisonnée et l’agriculture « à haute intensité environnementale ».

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