Comment peut-on participer à l'élimination progressive des armes de destruction massive ? SENEGAL

# 27/02/2017 à 19:48 Amir Cherkaoui

Les armes de destruction massive, des armes redoutables, terrifiantes, ont la capacité de raser une ville, d’un seul coup. Plusieurs pays de l’ONU, dont celui que j’ai l’honneur de représenter se sont réuni afin de réduire, voire d’éliminer de façon permanente l’utilisation de ces dangers extrêmes.
La Convention pour l’interdiction des armes chimiques (CIAC), signée en 1993 et entrée en vigueur en 1997, interdit la mise au point, le stockage et l’emploi d’armes chimiques. Elle constitue un texte unique dans le domaine du désarmement : elle organise non seulement l’éradication totale d’une catégorie entière d’armes de destruction massive, mais met également en place un système contraignant de vérification permettant de lutter contre la prolifération.
Le 18 février 2013 fut la date de l’inauguration du siège de la commission nationale de lutte contre la prolifération et la circulation illicite des armes légères et de petit calibre au Sénégal. L’inauguration des locaux de la COMNAT témoigne de l’importance que le pays que j’ai l’honneur de représenter donne à la sécurité et à la paix. Ces armes classiques ont un impact négatif indéniable et incommensurable aux plans humanitaire, social, économique, voire politique sur les nations. L’ex secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi ANNAN n’avait pas hésité à les assimiler à des armes « de destruction massive ». Elles prolongent les conflits et les exacerbent, nuisent au respect du droit international humanitaire, menacent la stabilité de certains gouvernements, profitent au terrorisme et à la criminalité. Tout près du Sénégal, la disponibilité et l’abondance de ces armes dans le Sahel a failli aboutir au contrôle d’un Etat démocratique et stable par des terroristes puissamment armés. Elles ont favorisé des violences inadmissibles sur les femmes et provoqué des traumatismes difficiles à effacer. Il faut reconnaitre qu’elles mettent en danger les politiques socio-économiques et les efforts de développement des Etats Sénégalais et le tribut est réellement trop lourd à payer. Il est donc impérieux de s’intéresser encore plus et mieux à cette problématique qui va bien au-delà de la question de la sécurité stricto sensu, mais qui doit également être prise comme une question de droits de l’homme et de développement. Le gouvernement du Sénégal à travers sa politique définie par le chef de l’Etat prend très au sérieux sa responsabilité d’assurer la sécurité de ses citoyens, en ayant une politique cohérente de sécurité qui se décline bien entendu au travers plusieurs institutions et mécanismes, et la Commission nationale fait partie de cette architecture sénégalaise pour la paix et la sécurité. C’est donc conscient de l’urgence de prévenir, combattre et éradiquer la fabrication et le trafic illicites des armes à feu, de leurs pièces, éléments et munitions, que le Sénégal s’est associé très tôt à la vaste offensive lancée par la communauté internationale, les organisations sous régionales mais aussi les organisations de la société civile. Aussi, le Sénégal s’est largement investi dans le processus d’adoption du Traité sur le Commerce des Armes qui régule le commerce licite des armes et lutte contre leurs trafics illégitimes. Notre pays a été également l’un des premiers Etats à le signer lors de la cérémonie organisée par le secrétaire général des Nations Unies à New York le 03 juin 2013. Le chef de l’Etat vient d’ailleurs d’être autorisé à le ratifier, ce qui permettra à notre pays de continuer à mériter son titre de « pays champion » du TCA. Au niveau de la sous-région ouest africaine, le Sénégal a également joué un rôle de premier plan dans l’élaboration par la CEDEAO de normes pour mieux contrôler ces armes légères et de petit calibre, normes parmi lesquelles la Convention sur les Armes Légères et de Petit Calibre, leurs munitions et autres matériels connexes. Au plan national, le Sénégal a pris des initiatives importantes pour répondre de manière inclusive et globale aux problèmes posés par la prolifération et la circulation illicite des ALPC ; il a toujours accompagné la société civile, pionnière dans la prise en charge de la problématique des ALPC sur toute l’étendue du territoire national.

Tout cela a amené notre pays sur le plan institutionnel, à créer, le 20 octobre 2000, une Commission Nationale de lutte contre la prolifération et la circulation illicite des armes légères et de petit calibre pour mieux sécuriser et protéger les populations.

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