TPG - Quelles mesures concrètes doivent être prises par les parties soudanaises avec le soutien de la MINUAD pour réaliser des progrès tangibles ?

# 31/12/2016 à 20:20 Izza Echiguer

Comité : Conseil de sécurité
Sujet : Quelles mesures concrètes doivent être prises par les parties soudanaises avec le soutien de la MINUAD pour réaliser des progrès tangibles ?
Pays : République Populaire de Chine

La MINUAD, ou l’opération hybride Union Africaine-Nations Unies au Darfour, a été créée le 31 juillet 2007 après l’adoption de la résolution 1769 du Conseil de Sécurité. Ce dernier ayant prolongé le mandat plusieurs fois, la dernière datant du 29 juin 2016 (résolution 2296), autorisant son action jusqu’au 30 juin 2017. En effet, les Nations Unies ont jugé que la situation au Soudan constituait une menace pour la paix ainsi que la sécurité internationale. Lors de cette rencontre en juin, les 15 membres du Conseil de Sécurité ont voté à l’unanimité pour que la MINUAD maintienne son déploiement de 15 845 forces militaires, 583 policiers ainsi que 13 unités de police constituées de 140 personnes au Darfour, région connaissant des tensions au Soudan. Le pays est actuellement en période de guerre civile, et cela depuis l’an 2013.
En tant que membre permanent du Conseil de Sécurité ainsi qu’un grand pays en développement, la position chinoise quant à la question du Darfour est particulièrement importante. Le Darfour, région occidentale du Soudan, est le site où l’une des plus grandes crises du début du 21ème siècle a surgi, dominant alors les affaires mondiales de l’an 2003 à 2009. Le génocide du Darfour éclata en 2003 lorsque le gouvernement du général Omar Hasan Al-Bashir au Soudan usa d’un niveau écrasant de violence contre les manifestants pacifiques demandeurs d'emplois, élevant leurs voix pour avoir accès à l'éducation, aux soins et au logement. De plus, avec d’importantes relations économiques et diplomatiques avec le Soudan, la Chine a été la cible de critiques par des acteurs internationaux mais aussi soudanais, l’accusant de soutenir sans conditions le gouvernement soudanais. En réponse à cela, la République Populaire de Chine a vivement encouragé le gouvernement soudanais à trouver une solution pacifique au conflit du Darfour et à mettre un terme à la montée de violence qui prenait place dans la région.
Le Soudan et la Chine établirent des relations diplomatiques en 1959. Ces dernières étaient au début cordiales mais limitées jusqu’au début des années 1970, lorsque la République Populaire de Chine fit son premier prêt et entama le début d’une série de projets dans le pays. La valeur totale de l’investissement chinois au Soudan est élusive, s’élevant à près de 5 milliards de dollars. Cependant malgré la dépendance du Soudan aux investissements chinois dans le pays, le budget qui y est consacré représente néanmoins qu’une petite partie de l’économie chinoise. La Chine achète par exemple près de deux tiers du pétrole soudanais. En outre, la Chine trouve des intérêts économiques ainsi que politiques dans trois des quatre pays bordant le Darfour et le Soudan du Nord. On note par exemple l’Egypte, premier pays africain à avoir reconnu Beijing et qui a développé une relation dite « stratégique » avec la Chine. Il existe bien sûr des raisons nationales poussant la Chine à soutenir la souveraineté de l’Etat. Cependant, il demeure inconcevable que la Chine permette aux casques bleus des Nations Unies d’entrer dans son territoire lors des conflits au Tibet ou encore dans la région autonome de Xinjiang Uygur car elle, par le passé, réussi à maitriser ces tensions de manière autonome. C’est pour cette raison que la RPC espérait la même chose du Soudan lorsque le conflit explosa en 2003. L’inhabilité soudanaise à mettre fins à ces tensions mit la Chine dans une position délicate vis-à-vis de Khartoum et de la communauté internationale. La situation étant tellement critique, que le président Hu Jintao du se rendre en urgence au Soudan, qui mena à l’acceptation de la MINUAD au Darfour. La vente d’armes chinoises au Soudan est souvent sujette aux critiques, spécialement par des groupes défendant les droits de l’Hommes. En effet, la Chine est un fournisseur d’équipement militaire pour le Soudan depuis des années. Mais encore, la RPC a de même aidé le Soudan à établir sa propre industrie tournant autour de l’armement, qui est désormais la troisième la plus importante du continent africain, juste après l’industrie sud-africaine puis égyptienne.
La Chine utilise sa place au Conseil de Sécurité pour éviter toutes sanctions applicables contre le Soudan concernant quelconques violations des droits de l’Homme. En effet, concernant les crimes commis au Darfour, où plus de 200 000 civils innocents ont été exterminés, la Chine a préféré appeler cela une "crise humanitaire" plutôt que d'utiliser le terme «génocide». Les deux pays tendent également à voter à l’unisson lorsqu’ils se retrouvent au conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies. Le Soudan a de même secondé la politique chinoise concernant le Tibet.
Lors du 27e sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine (UA), ayant eu lieu du 17 au 18 juillet 2016 à Kigali, la présidente sortante de la Commission de l’UA, la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, déclare que « le continent ne peut pas rester les bras croisés face aux souffrances infligées aux enfants, femmes, hommes et jeunes gens du Soudan du Sud ». Pour réaliser des progrès tangibles et espérer se sortir d’une guerre civile, le Soudan ainsi que le Sud-Soudan, doivent tenter de trouver un terrain d’entente. Deux scénarios sont alors envisageables : l’application d’un processus de paix axé sur la fin des violences, le partage du pouvoir et le rétablissement des élites aux fonctions publiques ou le rattachement d’un programme post-guerre avec pour objectif une paix durable, sollicité par des groupes de défense tels qu’Amnesty International, Human Rights Watch ainsi que le comité des Droits de l’Homme des Nations Unies.

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