Comment lutter contre le financement et la prolifération du terrorisme au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ?

# 20/02/2017 à 02:43 Délégation Égyptienne

Le Terrorisme peut de nos jours être considéré comme la principale cause d’insécurité à l’échelle mondiale. Ce phénomène grandissant depuis la fin du 20ème siècle est présent sur l’ensemble du globe dans la mesure où aucun pays n’est réellement épargné par le risque terroriste. Diverses organisations sont responsables des principaux attentats perpétrés dans le monde et on remarque que la plupart d’entre elles sont situées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Al Qaïda, AQMI ou encore les djihadistes de ce qu’il est convenu d’appeler « Etat Islamique » en passant par le Hamas visent tous à asseoir leurs terreurs à travers des attaques ciblant les forces de l'ordre autant que les populations civiles.
L’Egypte, de par sa situation géographique, se trouve directement liée à la question du Terrorisme dans la mesure où la péninsule du Sinaï est une zone désertique dans laquelle les djihadistes ont pu mettre en place des lieux de concentration afin de pouvoir planifier et organiser des attentats.
Rappelons qu’entre février 2011 et juin 2014, l’Egypte a connu une succession d’évènements commençant par la révolution populaire propulsée par le printemps arabe et aboutissant à l’arrivée au pouvoir d’Al-Sissi. Après ces années de bouleversements internes qui ont contraint l’Egypte à un certain retrait sur le plan international, l’une des priorités du président Al Sissi est le retour de l’Egypte sur la scène régionale et internationale. L'Egypte a fait du combat contre l'Etat Islamique dans la région (celle du Sinaï) un enjeu majeur. La mise en place d’une politique visant à réprimer militairement les djihadistes en 2014 est cependant loin d’être efficace ; la spirale des violences s'est au contraire accélérée depuis 2013. Cette situation est due, entre autres, à la destitution du président Mohammed Morsi par l’armée le 3 juillet 2013 ; ce qui a engendré l’apparition d’un vaste mouvement de contestation islamiste contre le nouveau pouvoir et la résurgence d’une insurrection armée dans la péninsule du Sinaï. En effet, l’arrivée au pouvoir de Mohamed Morsi a permis pour la première fois l’accès au pouvoir de la confrérie des Frères musulmans, un mouvement islamiste créé en 1928. La série d’attaques meurtrières contre les forces de sécurité et la minorité copte, qui a suivi la destitution du président Morsi, a convaincu les nouvelles autorités du double jeu de l’organisation qui sera qualifiée, en décembre 2013, d’ « organisation terroriste ». En somme, avec l’arrivée au pouvoir d’Abdel Fattah al-Sissi en juin 2014, une répression féroce s’abat sur les Frères musulmans : plus de 1 400 sympathisants des islamistes tués, plus de 15 000 autres emprisonnés ou condamnés à mort, dont Morsi et les membres de son gouvernement.
Par ailleurs, depuis l’élection du président al-Sissi, le gouvernement prône une politique sécuritaire, mêlant répression des sympathisants islamistes et amplification des opérations militaires dans le Sinaï. Il prévoit également un nouveau durcissement sécuritaire dû aux attaques de faible ampleur, quasi quotidiennes ou encore à cause de celles plus spectaculaires contre le procureur général ou les forces de sécurité dans le Sinaï.
La reprise du contrôle de cette zone est un enjeu majeur pour le gouvernement égyptien car géopolitiquement, la péninsule du Sinaï, est un intermédiaire à façades maritimes prestigieuses : Méditerranée, canal et golfe de Suez, mer Rouge, golfe d’Aquaba. Cette zone désertique certes a des atouts économiques non négligeables (présence de manganèse et de pétrole) ; ce qui nécessite de la part du gouvernement égyptien le contrôle de la région et donc le combat contre les groupuscules terroristes qui y prolifèrent.
S’il existe une région au monde gangréné par le terrorisme c’est bien la péninsule du Sinaï. Le conflit israélo-arabe qui date de plus d’un demi-siècle reste tout de même le principal germe du terrorisme. La présence de la bande de Gaza entraine la migration des terroristes du Hamas vers la région du Sinaï pour rejoindre l’état islamique.
L’Egypte fait de la lutte contre le terrorisme un axe majeur de sa politique étrangère même si elle ne participe pas directement à la coalition contre Daech. Elle reste, à cet égard, préoccupée par la situation en Libye avec laquelle elle partage 1115 km de frontières, notamment suite à l’assassinat de 21 coptes égyptiens le 15 février 2015. La réplique de l’Egypte en frappant à deux reprises des positions de Daech à Derna après avoir saisi le Conseil de sécurité en est bien la preuve qu’elle est décidée à éradiquer ce fléau qu’est le terrorisme. L’Egypte participe également à la coalition régionale au Yémen et se montre active dans la crise syrienne (organisation à deux reprises de réunions des mouvements d’opposition au Caire, les 22-23 janvier 2015 et le 8 juin 2015 ; participation au groupe international de soutien pour la Syrie).

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